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Ordre Libanais Maronite

Abbaye de Bois-Seigneur-Isaac - Monastère Saint Charbel ( ASBL)
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Histoire de l'Abbaye de Bois-Seigneur-Isaac


 

1.     1. Notre-Dame de Grâce et de Consolation

La première chapelle construite à  Bois-Seigneur-Isaac à l’emplacement de l’église actuelle remonte au  XIIe ou au XIIIème siècle. Selon la tradition, elle aurait été  construite par le seigneur Isaac de Valenciennes , qui s’était rendu en Croisade en Terre Sainte. Prisonnier des Sarrasins, il aurait eu recours à la Très Sainte Vierge et aurait fait le vœu d’ériger un sanctuaire en son honneur s’il  revenait chez lui sain et sauf. La chapelle fut fréquentée par les fidèles qui s’y rendaient pour invoquer la protection de la Mère de Dieu. La statue de Marie qu’on y vénérait se trouve maintenant dans l’église paroissiale d’Ittre.

             

     

En effet, lorsqu’en 1336 ce village fut frappé par l’épidémie de peste, les Ittrois demandèrent de porter la statue, vénérée à Bois-Seigneur-Isaac, à travers les rues de leur paroisse. Constatant que, lors de son passage, le fléau avait disparu, ils crurent que la reconnaissance leur faisait un devoir de ne plus s’en séparer. Avec la permission de Guillaume II d’Auxonne, évêque de Cambrai, ils la gardèrent parmi eux. Les habitants de Bois-Seigneur-Isaac, privés de leur Madone, firent sculpter entre 1350 et 1380 une statue similaire à celle qu’ils possédaient. Dans les deux lieux, on invoque la Mère de Dieu sous l’appellation de « Notre Dame de Grâce et de Consolation ».


 2.  Le miracle du Saint Sang

Dans cette petite chapelle, située sur le territoire de sa paroisse, le curé de Haut-Ittre venait célébrer la Sainte Messe deux fois par semaine. Selon la chronique la plus ancienne, rédigée entre 1438 et  1469, appelée l’Originale, conservée dans les archives de l’abbaye,  sire Pierre, curé de Haut-Ittre – dans les écrits postérieurs on l’appelle Pierre Ost – serait allé le 5 juin 1405, ce qui correspond au vendredi avant la Pentecôte de cette année 1405,  dire la messe à Bois-Seigneur-Isaac.



Miracle du Saint Sang 


Pendant le Saint Sacrifice, il aurait trouvé sur le corporal qu’il venait d’ouvrir une partie d’hostie consacrée, qu’il y avait négligemment laissée le mardi précédent. Il aurait essayé vainement de l’enlever, tandis que de la sainte parcelle, comme d’une plaie vive, coulait du sang. Dans les légendes qui entourent le fait miraculeux, il est écrit que trois nuits de suite avant le miracle, Jean de Huldenberg, le sieur du lieu, aurait eu de mystérieuses visions : le Christ lui serait apparu et lui aurait montré son corps couvert de plaies. De son côté, le curé de Haut-Ittre, Pierre Ost, aurait été averti par un ange qu’il devait aller le jour suivant, le vendredi avant la Pentecôte, à Bois-Seigneur-Isaac pour dire la messe de la Sainte Croix dans la chapelle.  Jean de Huldenberg, qui assistait à cette messe, aurait été le premier à intervenir au moment du miracle et aurait dit au prêtre «  N’ayez pas peur. Ceci a été fait par le Seigneur. Suivez sa volonté ». Il aurait ainsi dès le début orienté l’interprétation du miracle comme un appel à la foi. Aussi grâce à lui, le prêtre aurait montré le corporal aux gens après la messe et  l’évènement vite connu aurait donné lieu à une série de guérisons miraculeuses.

La paroisse de Haut-Ittre appartenait à cette époque au diocèse de Cambrai. L’évêque du lieu, Pierre d’Ailly (1351-1420), célèbre philosophe et théologien qui avait été Chancelier de l’Université de Paris, qui deviendra  plus tard cardinal et légat du pape et exercera une influence importante lors du  Concile de Constance (1414-1418), voulut examiner lui-même le corporal teinté du sang miraculeux. Il le reçut des mains de Jean Coreman, doyen de la chrétienté de Hal, et le garda pendant deux ans. Ce fut avant tout le seigneur Jean de Huldenberg qui déploya une activité infatigable pour faire reconnaître le miracle et  propager la dévotion au Saint Sang. Le 16 juin 1410, suite à des faveurs miraculeuses dont auraient bénéficié des personnes venues vénérer le corporal, l’évêque Pierre d’Ailly accorda quarante jours d’indulgence à ceux qui visiteraient la chapelle appelée ‘au Bois-Seigneur-Isaac’. Le 3 mai  1411, il fit consacrer la chapelle. En 1413, l’évêque, devenu entretemps cardinal,  ordonna une enquête, sur l’insistance de Jean de Huldenberg, et il en chargea trois ecclésiastiques de Nivelles : Henri de Lapide, doyen de sainte Gertrude, le Prieur des Guillemins et le Gardien des Frères Mineurs. Ils adressèrent leur rapport à l’évêque le  10 octobre 1413. Le 18 octobre 1413, celui-ci, dans une bulle rédigée à Honnecourt-sur-Escaut, se déclara disposé à appuyer les demandes qu’il voyait « émaner de  la ferveur de la dévotion » .   Il confirma que le corporal taché de sang pouvait être tenu et vénéré  « comme une vraie et sainte relique »  .En outre, il permit, sur la proposition de Jean de Huldenberg, que l’on organise une procession annuelle en l’honneur de cette relique le jour qui suit la fête de la  la Nativité de Marie, donc le 9 septembre.


1.     3. La première procession en l’honneur du Saint Sang  en  1414

Lors de la première procession organisée à Bois-Seigneur-Isaac, vraisemblablement le 9 septembre 1414, une messe fut célébrée en plein air par Gilles de Breedeyck, prieur du monastère de Sept-Fontaines (située à la lisière de la forêt de Soignes, à la limite entre les communes actuelles de Braine-l’Alleud et de Rhode-Saint-Genèse),  qui appartenait à l’ordre des Augustins. Le prédicateur invité fut Nicolas Serrurier, un ermite célèbre appartenant également à cet ordre. Ainsi que le raconte l’ancienne chronique, celui-ci donna à la chapelle de Bois-Seigneur-Isaac le « nom de  Jérusalem renouvelée, dont elle pouvait à juste titre être appelée, à cause du saint sang miraculeux et du renouvellement à cet endroit des signes de la passion du Seigneur ». Il voyait ainsi en notre église un lieu mystique et manifestait la volonté de voir la passion et la résurrection du Christ ancrées dans le paysage local de Bois-Seigneur-Isaac.



Une femme, Marie de Monstreux, partie en pèlerinage à Jérusalem, tomba malade à Rome et dut revenir à Nivelles. Elle se rendit alors à Bois-Seigneur-Isaac, la Jérusalem renouvelée, et s’y installa comme recluse vers 1414. Elle fit même quelques dons à la chapelle. Son attitude témoigne de la même interprétation du lieu que celle de Nicolas Serrurier. De même, une chanoinesse de Nivelles, Elisabeth d’Aigremont, offrit une rente en 1417 au prieuré de la « Nouvelle Jérusalem ».


1.     4. Fondation du Monastère

Tant de monde accourut à la chapelle de Bois-Seigneur-Isaac que le curé de Haut-Ittre fut débordé par cette affluence. Les pèlerins affluèrent bientôt en si grand nombre que, pour subvenir à leurs besoins spirituels, un seul prêtre ne suffit plus. Jean de Huldenberg le comprit et il s’adressa au monastère de Sept-Fontaines , où il trouva l’oreille attentive du prieur Gilles de Breedeyck. Suite à des donations effectuées par Jean de Huldenberg  en mai puis en septembre 1413, deux  premiers chanoines réguliers de Saint Augustin, Pierre van den Hoede et Hendrik Stakenborch, accompagnés d’un frère convers, vinrent se fixer à Bois-Seigneur-Isaac dans la perspective de l’érection d’un monastère. Le but de cette fondation est « que l’office divin soit exalté plus amplement et multiplié plus largement, que l’on ait une plus grande vénération pour le Saint-Sacrement et les reliques qui se trouvent là ».

Plusieurs bienfaiteurs cautionnèrent la nouvelle fondation. Les dons les plus généreux vinrent de Guillaume II, comte de Namur (1391-1418), présent en personne lors de la première procession en 1414, et de sa seconde épouse la comtesse Jeanne d’Harcourt. En 1416, on jeta les bases de la maison religieuse. En 1416, Jean de Huldenberg parvint à convaincre Gilles de Breedeyck à venir en personne à Bois-Seigneur-Isaac, accompagné de quatre religieux. ‘. L’érection officielle du monastère de Bois-Seigneur-Isaac, comme prieuré indépendant de Sept Fontaines, avec Gilles de Breedeyck pour prieur, eut lieu le 15 avril 1418 par lettres des vicaires généraux de Cambrai. Le 13 janvier 1424, le Pape Martin V confirma la fondation du monastère. Le monastère de Bois-Seigneur fut si florissant que déjà en 1431,  il put essaimer à Melle-lez-Gand, où fut initié un nouveau prieuré, résidence actuelle du collège des Pères Josephites.



Avec l’accord de Jean de Bourgogne, évêque de Cambrai, le prieuré s’affilia en  1443 au Chapitre de Windesheim (monastère situé près de Zwolle dans les actuels Pays-Bas) , qui réunissaient les monastères augustins partisans d’une interprétation plus stricte de la règle  de Saint Augustin ainsi que d’une spiritualité plus intériorisée et personnelle. A travers le Chapitre de Windesheim, le prieuré de Bois-Seigneur-Isaac sera associé au courant dit de la Devotio moderna, qui trouva son expression la plus remarquable dans le traité « L’imitation de Jésus-Christ » écrit en 1439 par Thomas a Kempis. Dans la deuxième moitié du XVème siècle, le prieuré de Bois-Seigneur-Isaac bénéficia des largesses de plusieurs éminents visiteurs.  Louis XI, encore dauphin, au cours de son exil à Genappe (1456-1461), visita Bois-Seigneur-Isaac à plusieurs reprises pour vénérer le Saint Sang et pour s’entretenir avec le Prieur Jean Amoury et les religieux. On lui sut gré des offrandes qu’il fit alors, comme aussi de celles qu’il envoya après son avènement au trône de France. Marguerite d’York, épouse du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, et sœur des rois d’Angleterre Edouard IV et Richard III, visita à plusieurs reprises le sanctuaire du Saint-Sang et offrit au monastère de riches dons. Elle est représentée sur le dernier vitrail à droite dans le chœur de l’église.

Le prieuré atteint son apogée dans la première moitié du 16ème siècle. Le prieur Jean Lescot (vers 1467-1532) occupa à la fin de sa vie la fonction prestigieuse de Chancelier de l’Ordre de la Toison d’Or. En présence de l’Empereur Charles-Quint, il prononça une  homélie célèbre lors du vingtième chapitre de l’ordre qui se tint à la cathédrale de Tournai le 3 décembre 1531.


1.     5. L’église

L’ancienne chapelle de Notre-Dame était devenue trop petite pour les religieux et les pèlerins, et, en prolongement de celle-ci, les religieux augustins construisirent une église de 33 mètres, qui fut consacrée le 9 mars 1441 et dédiée à la Sainte Vierge et à saint Jean-Baptiste.

L’antique chapelle en formait le chœur. Au 15ème siècle fut également construite la chapelle adjacente à l’église, qui devint la chapelle des reliques.



Au siècle suivant, suite au délabrement de l’ancienne chapelle, on  décida en 1532 de la raser et de construire un nouveau chœur plus long et plus large. Le jeudi 13 avril 1534, on y chanta pour la première fois le Saint Sacrifice de la Messe. Le Prieur Hubert Lescot, neveu du prieur Jean Lescot, commanda en 1555 à un orfèvre de Louvain le magnifique ostensoir-reliquaire en style gothique pour la relique du Miracle, qui garde encore actuellement le corporal sacré.


1.     6. La dévastation de 1580

Au cours du troisième tiers du XVIème siècle, les Pays-Bas furent ravagés par de sanglantes guerres civiles et de religion. Le 18 février 1580, les Gueux, en révolte contre le roi d’Espagne, Philippe II,  passèrent par Bois-Seigneur-Isaac. Ils détruisirent l’église et brûlèrent entièrement le couvent des religieux. Les chanoines ne purent regagner leur maison qu’en 1585. Sous la direction du prieur Jean d’Arthois et avec l’aide de l’abbé d’Anchin, Warnier de Dave, fils du seigneur de Bois-Seigneur-Isaac, ils commencèrent la restauration par l’église, et les voûtes furent terminées en 1593. Le reste de la nef, probablement par défaut de fonds, resta couverte d’un simple plafond. Il fut remplacé en 1703 par la remarquable œuvre en stuc qu’on admire encore de nos jours.

Les religieux commencèrent seulement en 1610 la reconstruction des édifices claustraux.


1.     6. La floraison du 18e siècle

Au 18e siècle, l’époque prospère de nos Provinces Belgiques, les chanoines augustins installèrent les belles boiseries, les quatre confessionnaux, les deux jolis autels latéraux et le banc de communion.

Dans le chœur, les religieux prient l’Office divin. Les stalles, au nombre de 38, sont surmontées de dix médaillons dont deux ont disparu. Les huit qui demeurent représentent les quatre évangélistes : Matthieu, Marc, Luc et Jean ; et les quatre Docteurs de l’Eglise de l’Occident : Augustin, Ambroise, Grégoire et Jérôme.















Dans l’abside, encadrés dans les boiseries, on remarque quatre grands tableaux (voir ci-dessus), signés Jan Crockaert, 1777, qui racontent quatre épisodes de l’histoire du  le miracle du Saint Sang. Au-dessus du maître-autel, un cinquième tableau représente la glorification du Saint Sang de Miracle.

L’autel majeur date  de 1752 et est l’œuvre du grand sculpteur nivellois Laurent Delvaux (1696-1778). Celui-ci  sculpta aussi les deux anges en adoration de part et d’autre du tabernacle et le très émouvant  bas-relief représentant la mise au tombeau de Jésus, un véritable chef-d’œuvre de cet artiste.


1.    7.  La triste fin d’un grand siècle

En 1783, l’empereur Joseph II prit la décision de supprimer dans ses possessions tous les monastères qu’il jugeait inutiles, c’est-à-dire les monastères des ordres contemplatifs. Le 17 avril 1784, les religieux de Bois-Seigneur-Isaac reçurent avis de la suppression de leur couvent. . Sur leurs réclamations, et en raison d’une école qu’il avaient créée pour les enfants du village, l’empereur exempta provisoirement les religieux de Bois-Seigneur-Isaac de la suppression ordonnée. Vint ensuite la  Révolution française et l’annexion de nos Provinces à la République française. Les lois anti-religieuses de France furent appliquées en Belgique. Le 13 janvier 1796, le monastère de Bois-Seigneur-Isaac fut définitivement supprimé  par les autorités mises en place par les Français, et les Chanoines Réguliers furent chassés de leur maison. Leurs propriétés furent déclarées  ‘Domaine  d’Etat’et mises en vente. Ils étaient au nombre de 16, outre deux novices. La chapelle et les bâtiments conventuels furent rachetés en 1798 par le  comte Gomar Cornet de Grez, qui habitait le château. Celui-ci sauva ce patrimoine de la destruction. Le monastère fut désaffecté et transformé en exploitation agricole : une ferme qui s’appela ‘ferme de la Chape’.


1.     8. Bois-Seigneur-Isaac au 19e siècle

Après le Concordat de 1801, l’église fut rendue au culte et desservie par un ancien Chanoine de Saint Augustin qui était resté courageusement sur place, Paul De Vroede, qui mourut en 1823. Il est écrit de lui qu’ « il était le père des pauvres, modèle de toutes les vertus ». Télesphore de Raedt de Wavre a été le méritant chapelain de 1859 à 1890, dont il est dit qu’ « il a passé en faisant le bien ». Ces deux prêtres ont une plaque commémorative dans l’église. Fut ensuite chapelain, le dévoué abbé Jean-Baptiste De Boeck, qui s’est appliqué à propager la dévotion au Saint-Sang et qui érigea en 1900 la Confrérie du Saint Sang. Il s’est retiré lorsque les Père Prémontrés de France sont arrivés et il décéda à Jauchelette en 1915, plein de mérites comme recteur des Moniales du Sacré Cœur.


1.     9. Les Prémontrés à Bois-Seigneur-Isaac

En En 1903, vinrent se fixer à Bois-Seigneur-Isaac les chanoines réguliers prémontrés de l’Abbaye de Mondaye dans le Calvados,  qui avaient dû quitter la France, comme les autres religieux, suite à la loi du ministre Combes. Ils trouvèrent d’abord refuge  au château d’ Hubermont à Arbres (Lustin), dans le diocèse de Namur, où Mgr. Heylen, prémontré lui-même, était évêque. Celui-ci les mit en contact avec le baron Thierry Snoy et d’Oppuers, arrière-petit-fils de Gomar Cornet de Grez et  propriétaire du château de Bois-Seigneur-Isaac, homme d’une grande piété qui ne désirait pas mieux que de voir revivre l’ancien prieuré des chanoines augustins. Il leur vendit les bâtiments de l’ancien prieuré, qu’ils aménagèrent en quelques mois. A Noël 1903, le monastère était rendu à sa destination première. Les pères français, sous la direction du prieur puis abbé Joseph de Panthou (1843-1915), aménagèrent avec beaucoup de soin leur lieu d’exil, notamment la chapelle : pavage devant l’entrée en 1906, vitraux entre 1905 et 1908, chemin de croix en 1910, boiseries de la nef entre 1908 et 1912.





Après la guerre 1914-18, au cours de laquelle toutes les couches sociales avaient lutté côte à côte dans les tranchées, la législation française sur la reconnaissance des congrégations religieuses fut assouplie et les pères prémontrés en exil en Belgique purent envisager leur retour en France. La décision de retourner à Mondaye fut prise en 1921 par le Père Abbé Exupère Auvray mais le choix fut donné aux confrères de rester à Bois-Seigneur-Isaac , choix que firent la plupart des Belges.

 La communauté de Bois-Seigneur-Isaac devint alors un prieuré indépendant tandis que ses bâtiments étaient rachetés par l’abbaye d’Averbode. En août 1921, le père Gerlache Henri Franken, prémontré d’Averbode, fut désigné comme prieur. Le 9 mars 1925, un bref du Pape Pie XI érigea le prieuré en abbaye et le prieur Franken fut élevé à la dignité abbatiale. 

Dans les années 1920 et 1930, l’abbaye de Bois-Seigneur-Isaac conserva son rayonnement. Il semble que ce soit à cette époque que le pèlerinage du Saint Sang ait atteint son apogée avec jusqu’à 50.000 visiteurs par an. Le nombre de religieux à Bois-Seigneur-Isaac passa de 16 en 1926 à 21 en 1936. Parmi les nouvelles recrues, c’est en 1934 que le père Ephrem François rejoignit la communauté de Bois-Seigneur-Isaac. Celui-ci passa presque toute sa vie religieuse à Bois-Seigneur-Isaac, dont il fut chapelain de 1963 à 1978, et fut un des plus zéléspropagateurs de la dévotion à l’Eucharistie par ses prédications et son rôle de secrétaire du mouvement de la Croisade eucharistique dans le Brabant wallon.

Dans les années 1940 et 1950, l’abbaye de Bois-Seigneur-Isaac connu un certain déclin. Vu le petit nombre de religieux et le manque de vocations, le Définitoire de l’Ordre Prémontré décida en mai 1957 que Bois-Seigneur-Isaac cesserait d’être une abbaye indépendante. Il fut décidé que Bois-Seigneur serait rattaché à l’abbaye d’Averbode, de loin la plus grande en Belgique.


10.     Arrivée des moines de l’Ordre Libanais Maronite

En 2009, suite au tarissement des vocations, particulièrement en Belgique francophone,  le Révérend Père Jos Wouters, Abbé d’Averbode décida de rappeler dans cette abbaye  les chanoines réguliers prémontrés de Bois-Seigneur-Isaac.

Notre abbaye allait-elle rester vide ? Qui allait assurer le service des pèlerins ?  L’abbaye serait-elle transformée en lieux d’accueil pour des réfugiés ? Serait-elle une fois de plus sécularisée comme tant d’autres bâtiments religieux pour devenir un complexe hôtelier ou de loisir ?

Cette issue a été évitée grâce à la collaboration des autorités épiscopales et des supérieurs de l’Ordre Libanais Maronite à la recherche d’un lieu d’implantation en Belgique au cœur de l’Europe. Le mois de septembre 2009 vit arriver les premiers moines maronites. Le 1er janvier 2010, il prirent officiellement la responsabilité de l’abbaye de Bois-Seigneur-Isaac, qui fut renommée Monastère Saint-Charbel.



Le lundi de Pentecôte 24 mai 2010, eut lieu une émouvante cérémonie d’hommage aux chanoines prémontrés et de chaleureuse bienvenue aux moines de l’Ordre Libanais Maronite, en présence de l’abbé Jos Wouters d’Averbode et du Révérendissime Père Abbé Elias Khalifé, Supérieur général de l’Ordre Libanais Maronite.

Depuis leur arrivée, les moines de l’Ordre Libanais Maronite, dirigés par le Père Charbel Eid, Supérieur, se sont attelés avec enthousiasme à la tâche de donner une nouvelle vie à l’abbaye de Bois-Seigneur-Isaac au service des pèlerins et de la paroisse de Bois-Seigneur-Isaac ainsi que de la diaspora libanaise présente en Belgique. Ils ont fait connaître Saint Charbel en Belgique ainsi que  les trésors de spiritualité hérités de la tradition monastique libanaise et de l’ancien  Patriarcat d’Antioche ; ils contribuent à une meilleure compréhension entres les Églises d’Orient et d’Occident et sensibilisent les fidèles aux  épreuves que connaissent actuellement les chrétiens d’Orient. Quant à la procession annuelle du Saint Sang, elle continue avec une grande vitalité